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Page mise à jour le 16/07/2026

Harcèlement scolaire : savoir reconnaître les signes et agir

Insultes, rumeurs sur les réseaux sociaux, mise à l’écart… Le harcèlement scolaire est un phénomène violent, très dur à vivre pour les enfants et difficile à repérer pour les adultes. Des premiers signes d’alerte aux démarches à réaliser auprès de l’établissement, découvrez comment accompagner et protéger votre enfant.

© iStock

SOMMAIRE

Comment définir le harcèlement scolaire ?

Il est parfois délicat de distinguer un conflit normal entre enfants d’une situation de harcèlement. Pourtant, les différences sont majeures. 

Qu’est-ce que le harcèlement scolaire ?

Il y a harcèlement scolaire quand un élève subit, de manière répétée, des propos ou des comportements violents de la part d’un ou plusieurs autres élèves(1). Cette violence peut être verbale, physique ou psychologique

Le harcèlement se déroule souvent à l’école mais il peut s’étendre en ligne. Mené hors de la vue des adultes, il porte atteinte à la dignité de la victime et crée un environnement hostile, humiliant et dégradant. Souvent isolé face à cette menace diffuse, l’enfant ou l’adolescent harcelé se retrouve dans l’incapacité de se défendre et d’en parler spontanément à ses proches. 

Les différentes formes de harcèlement

  • Le harcèlement physique : l’enfant harcelé peut être victime de violences physiques (coups, claques, gestes déplacés), de vol ou de racket, ou encore de contraintes physiques (enfermements, empêchements, etc.) ; 
     
  • Le harcèlement psychique : il peut être verbal (insultes, menaces), émotionnel (intimidations, rumeurs, moqueries, humiliation, chantages, mises à l’écart) ou sexuel (provocations, menaces). Plus insidieux, il ne laisse pas de traces physiques. Il est donc, à ce titre, moins « détectable » ;
     
  • Le cyberharcèlement : le harcèlement se prolonge fréquemment en dehors de l’école. Les harceleurs utilisent les réseaux sociaux (Snapchat, TikTok, Instagram), les messageries privées (groupes WhatsApp de classe), les jeux en ligne, les SMS ou les e-mails. Ce type de harcèlement se manifeste par des rumeurs en ligne, du bashing (« dénigrement »), le piratage de comptes, ou l’exclusion volontaire d’un groupe de discussion. Cette double pression, scolaire et virtuelle, accentue grandement la détresse psychologique de l’enfant.

Comment détecter les signes d’un harcèlement scolaire ?

Le harcèlement peut entraîner de graves conséquences pour la victime tels qu’un isolement, une perte de l’estime de soi, un décrochage scolaire et un profond mal-être pouvant aller jusqu’à des conduites suicidaires. 

Il est donc essentiel de déceler le plus tôt possible les premiers signaux d’alerte et les changements de comportement chez votre enfant. Les symptômes souvent associés au harcèlement chez l’enfant se manifestent dans trois domaines principaux.

En termes de santé 

  • Stress intense se traduisant par des maux de ventre, des maux de tête, ou de l’eczéma ;
  • Troubles alimentaires (perte d’appétit ou crises de boulimie) ;
  • Pertes de mémoire, difficultés d’attention ;
  • Pleurs inexpliqués, crises d’anxiété ;
  • Troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, cauchemars répétés, réveils nocturnes, pipi au lit…).

En termes de comportement

  • Tristesse persistante, repli sur soi et isolement par rapport aux amis ou à la famille ;
  • Irritabilité, sautes d’humeur ou agressivité soudaine ;
  • Nervosité ou angoisse particulièrement visible face aux écrans ;
  • Réticence de plus en plus forte à l’idée d’aller à l’école, au collège ou au lycée.

Dans l’environnement scolaire

  • Baisse soudaine et inexpliquée des résultats ;
  • Multiplication inhabituelle des absences, des retards ou demandes répétées d’aller à l’infirmerie ;
  • Perte ou vol fréquent de matériel scolaire, de vêtements ou d’argent de poche ;
  • Modification signalée du comportement en classe (enfant discret ou prostré).

Un fléau qui commence dès le plus jeune âge

Selon le Baromètre annuel sur le harcèlement et le cyberharcèlement réalisé par e-Enfance/3018(2), 37 % des jeunes sont touchés par ce phénomène lors de leur scolarité.

Les plus jeunes ne sont pas épargnés : 35 % des élèves d’école primaire y sont confrontés.  

Le collège reste une zone de forte vigilance avec 35 % de collégiens impactés (dont 20 % en ligne), tandis que 37 % des lycéens rapportent des faits de harcèlement (dont 22 % de cyberharcèlement).

Par ailleurs, 71 % des victimes sont harcelées directement dans le cadre scolaire, et 17 % le sont dans le cadre d’une activité extra-scolaire.

Votre enfant est harcelé à l’école : comment réagir ?

Écouter et libérer la parole

Si vous soupçonnez une situation de harcèlement en discutant avec votre enfant, la première étape essentielle est d’adopter une écoute attentive et bienveillante

Le harcèlement est souvent constitué de petits incidents :

  • Identifiez-les précisément avec lui puis notez-les par écrit : faits exacts, lieux, auteurs, témoins, dates, heures, réactions de votre enfant face à ces différentes situations ; 
  • Demandez également à votre enfant s’il peut trouver des preuves du harcèlement subi, notamment via des messages laissés sur les réseaux sociaux ou par SMS par exemple, et faites des captures d’écran.

À noter : pour vous aider à identifier les signaux faibles, le ministère de l’Éducation Nationale a mis en place une grille d’observation que vous pouvez remplir.

  • Rassurez votre enfant : félicitez-le de s’être confié. Montrez-lui que vous le croyez et que vous allez l’aider. Essayez de ne pas manifester votre propre peur afin de ne pas l’affoler davantage.

Proposer des conseils de comportement 

Aidez votre enfant à adopter des postures pour faire face au harceleur, afin qu’il prenne confiance en lui.
La pratique d’un sport de combat ou des cours de théâtre peuvent l’aider à s’affirmer physiquement et verbalement. L’objectif n’est pas de se venger mais de projeter de l’assurance et de montrer au harceleur qu’il n’a plus prise sur lui.

Alerter l’établissement scolaire

N’intervenez jamais directement auprès des enfants en cause ou de leurs parents. En revanche, expliquez à votre enfant, qu’avec son accord, vous allez le défendre en contactant l’école.

  • Prenez rendez-vous avec la direction (directeur d’école ou chef d’établissement) et le professeur principal pour expliquer la situation de manière factuelle ;
  • Au collège et au lycée, vous pouvez aussi solliciter le conseiller principal d’éducation (CPE), le service de la vie scolaire, l’infirmière scolaire ou encore les élèves ambassadeurs formés à la lutte contre le harcèlement ;
  • L’établissement a l’obligation de lancer une enquête et de déployer un protocole strict de traitement. Demandez qu’on vous explique en détail les mesures d’accompagnement et de sécurité mises en place pour protéger votre enfant.

Zoom sur le protocole pHARE

Déployé de manière obligatoire dans toutes les écoles et collèges de France (et en cours de généralisation au lycée), le programme pHARe est un plan global de prévention et de traitement du harcèlement. Il s’appuie sur des équipes de personnels spécifiquement formées dans chaque établissement pour prendre en charge les situations d’urgence, protéger la victime et encadrer les élèves concernés afin d’assainir durablement le climat scolaire.

Consulter un professionnel de santé

Si votre enfant ne se confie pas à vous, ou si sa détresse psychologique persiste malgré les actions de l’écoles, n’attendez pas. Contactez un psychologue ou un pédopsychiatre, afin que ce dernier puisse aider votre enfant.

Besoin d’aide immédiate ? Contactez le 3018

Si vous vous sentez démuni, ou pour accompagner directement votre enfant, le 3018 est le numéro unique d’aide aux victimes de harcèlement et de violences numériques. Gratuit, anonyme et confidentiel, il est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h. Des psychologues, juristes et spécialistes des outils numériques y proposent une écoute et des conseils pratiques.

Une application mobile « 3018 » est aussi téléchargeable gratuitement, pour échanger par chat avec des experts, évaluer une situation grâce à un questionnaire et stocker des captures d’écran comme preuves.

À savoir : la plateforme gouvernementale « Non au harcèlement : des clés pour les familles » propose une formation gratuite d’1 h pour mieux comprendre le phénomène de harcèlement entre élèves et savoir comment agir avec l’école pour résoudre ces situations. 

Votre enfant fait partie des harceleurs : que faire ?

Découvrir que son propre enfant initie ou participe à des actes de harcèlement est une épreuve difficile pour les parents. Il faut savoir qu’un enfant peut parfois passer du rôle de victime à celui de harceleur. Souvent, les jeunes ne se rendent pas compte de l’impact destructeur de leur comportement.

Si votre enfant fait partie des harceleurs, voici les comportements recommandés : 

  • Recadrez-le fermement : rappelez-lui calmement, mais avec une grande fermeté, les règles de vie collective et les limites fixées par la loi, de façon adaptée à son âge ;
  • Faites-lui prendre conscience des effets de ses actes sur la vie et la santé mentale de son camarade en lui posant des questions comme « que ressentirais-tu si on te faisait la même chose ? » ; 
  • Sanctionnez-le de façon constructive : privilégiez des sanctions qui permettent de réparer ou de tirer des leçons de la situation. Vous pouvez par exemple lui demander de rédiger une lettre d’excuse sincère à l’enfant harcelé ou de s’impliquer dans une action positive ;
  • Recherchez d’éventuelles causes sous-jacentes qui pourraient expliquer ce comportement : l’enfant est peut-être lui-même en situation de souffrance (difficultés psychologiques, troubles du comportement, etc.) ;
  • N’hésitez pas à faire appel à un professionnel de santé pour aider l’enfant.

À retenir pour protéger votre enfant du harcèlement

  • Maintenez un dialogue régulier et ouvert avec votre enfant : posez-lui des questions précises sur le déroulement de ses journées, soyez attentifs aux moindres changements physiques et comportementaux.
  • Agissez rapidement, de concert avec l’école : ne restez pas isolé et n’intervenez pas seul. Saisissez officiellement la direction de l’établissement avec l’accord de votre enfant pour activer les protocoles de protection.
  • Faites appel sans tarder à un professionnel de santé. Il vous aidera à comprendre les causes du harcèlement, à en traiter les effets et à penser à des solutions. Vous pouvez aussi faire appel au 3018, numéro d’écoute dédié.

FAQ – Questions/Réponses

  • Le harcèlement scolaire est-il puni par la loi ?

    Oui, depuis la loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit pénal, qu’il ait lieu dans l’établissement ou sur internet. Les sanctions inscrites dans le Code pénal sont très lourdes et dépendent des conséquences sur la victime(3)

    • Si l’auteur est majeur : les peines vont de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende (harcèlement simple) à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende en cas de cyberharcèlement ou d’incapacité supérieure à 8 jours. Si les faits ont poussé la victime au suicide ou à une tentative de suicide, la peine maximale est de 10 ans de prison et 150 000 € d’amende.
    • Si l’auteur est mineur et a plus de 13 ans : les peines de prison maximales sont divisées par deux (de 1 an et demi à 2 ans et demi de prison selon la gravité). L’amende pénale maximale due à l’État est également divisée par deux, mais elle est plafonnée par la loi à 7 500 € maximum, quelle que soit la gravité des faits.
    • Si l’auteur a moins de 13 ans : aucune amende, ni peine de prison ne peut être prononcée. Le juge applique des mesures éducatives obligatoires.

    À savoir : si l’amende pénale des mineurs est plafonnée, la responsabilité financière des parents, elle, ne l’est pas. Les parents de l’enfant harceleur sont civilement responsables et devront payer l’intégralité des dommages et intérêts fixés par le tribunal pour indemniser la famille de la victime (frais médicaux, préjudice moral…).

  • À partir de quel âge un enfant peut-il être victime de harcèlement scolaire ?

    Des études montrent que le harcèlement peut commencer dès les plus petites classes de primaire, à l’âge de 6 ans. Dans certains cas exceptionnels, des situations de harcèlement peuvent même être constatées chez des enfants de maternelle, allant de 2 à 4 ans(4).

  • Comment prévenir le cyberharcèlement chez les adolescents ?

    En amont, sensibilisez votre adolescent aux règles de base de la vie numérique : rappelez-lui que tout ce qui est publié sur internet y reste, que l’anonymat est une illusion et que les propos virtuels ont des conséquences pénales bien réelles. L’utilisation d’outils de contrôle parental peut aider à encadrer l’accès aux écrans.

    Si votre enfant est ciblé, fixez une règle d’or : ne jamais répondre aux provocations pour éviter l’escalade. Enregistrez les preuves, signalez immédiatement les comptes harceleurs directement sur les plateformes concernées et demandez le retrait des contenus au 3018.

  • Mon enfant ne veut plus aller à l’école : est-ce un signe de harcèlement ?

    Cela peut en effet être le signe d’un harcèlement scolaire. Le refus scolaire ou l’anxiété forte au moment de partir à l’école est l’un des signaux d’alerte majeurs du harcèlement. Un enfant harcelé cherche par tous les moyens à fuir le lieu de son emprise, ce qui peut entraîner un décrochage scolaire ou évoluer vers une véritable phobie scolaire invalidante.

  • Peut-on mettre son enfant en « arrêt maladie » en cas de harcèlement ?

    Juridiquement, l’arrêt maladie est un dispositif réservé aux salariés et n’existe pas pour les élèves. En revanche, si la situation altère gravement la santé physique ou mentale de votre enfant, un médecin traitant ou un pédopsychiatre peut rédiger un certificat médical circonstancié. Ce document officiel justifiera légalement son absence ou un éloignement temporaire de l’établissement auprès du rectorat, garantissant la continuité de ses droits scolaires.

Bien assuré avec MMA !

Avec l’assurance scolaire MMA, votre enfant bénéficie de :

  • La garantie responsabilité civile, qui couvre les dommages qu’il pourrait causer à autrui.
  • La garantie individuelle accident, qui couvre les dommages corporels et/ou matériels subis par l’enfant assuré, qu’il y ait un responsable ou non.

Si votre enfant est victime de harcèlement scolaire, l’assurance scolaire MMA prévoit également : 

  • Un accueil et une première consultation psychologique d’une durée moyenne de 45 minutes qui peut intervenir 24h/24 et 7 jours/7.
  • Un suivi psychologique à la suite de cette première consultation, votre enfant peut bénéficier de 4 nouvelles consultations au maximum effectuées :
    • soit par téléphone auprès du même psychologue clinicien,
    • soit au cabinet de l’un des psychologues cliniciens agréés MMA proche de votre domicile ou, sur demande, auprès d’un psychologue de votre choix.

Pour retrouver l’ensemble des garanties de l’assurance scolaire MMA, consultez la page dédiée. 

Nos prises en charge sont faites en application des garanties/options souscrites ainsi que des limites, conditions et exclusions des garanties et du montant des franchises fixés aux conditions générales (CG 068) et aux Conditions Particulières du contrat Assurance scolaire MMA disponibles en agence ou sur mma.fr.

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